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Quelles perspectives pour les DDEN  et le mouvement laïque dont ils font partie  ?

Questions à Denise et Michel Landron,
Secrétaire et vice-Président de l’Union des DDEN du Maine et Loire.

DDEN, vous avez été exclus arbitrairement de la Fédération Nationale des DDEN par son Président Eddy Khaldi. Où en êtes-vous  ?

D’abord, les DDEN, que nous sommes, avons nos missions à remplir dans les écoles où nous avons été affectés. Ces missions officielles, définies dans plusieurs articles du Code de l’Éducation, consistent à veiller à ce que les bonnes conditions requises de la vie scolaire dans les écoles publiques soient respectées par tout le monde. Nous n’intervenons pas sur les questions pédagogiques du ressort des IEN et du DASEN. En revanche, il nous revient de signaler aux autorités concernées (IEN, DASEN, Maires et préfets) tout ce qu’il convient de faire pour que les conditions exigibles dans l’Ecole de la République soient respectées. Nos partenaires privilégiés sont évidemment les personnels de l’École, en premier lieu le Directeur-trice, et les parents d’élèves dont des représentants siègent au Conseil d’École. Nous veillons, par exemple, que toutes les demandes des écoles en matière de locaux, équipements, hygiène et sécurité, transports et restaurations scolaires… soient inscrites dans les comptes-rendus des Conseils d’École et prises en compte par les autorités concernées.

C’est ainsi que nous avons été sollicités pour permettre des échanges constructifs avec les autorités municipales et académiques pour le renoncement à une volonté de fusionner les 2 écoles publiques annoncée par la presse et sur la nécessité de procéder sans délai à la réhabilitation d’une des 2 écoles (fenêtres cassées, moisissures sous les linos, infiltrations…). Une réunion des parents et des enseignants des deux écoles, avec énormément de monde s’est tenue et les demandes ont obtenu un avis favorable du Conseil Municipal.

DDEN nous sommes des «  médiateurs  », mais aussi «  des lanceurs d’alertes  », pas pour contester, mais pour obtenir ce qui est indispensable dans une école publique. Par exemple, il a fallu intervenir pour le respect des normes «  sécurité-incendie  » et aussi pour qu’une enfant handicapée intégrée dans une classe maternelle dispose d’une chaise à roulette pour se déplacer et d’un lit adapté pour la sieste. Quand les DDEN accomplissent leurs missions, c’est toujours très bien apprécié par les parents et les personnels même si, parfois, des élus favorables à l’école privée soient moins enthousiastes…

Ils peuvent parfois être accusés d’être des «  fauteurs de troubles  » alors qu’ils ne font qu’accomplir leurs missions de défense de l’École de la République. C’est d’ailleurs pour cela que les DDEN ont historiquement constitué des Unions Départementales sur la base de la loi de 1901 sur les Associations. Cela renforce leur indépendance à l’égard des pouvoirs publics et leur permet d’agir au sein du mouvement laïque sur les questions qui concernent l’avenir de l’Éducation Nationale quand elle est affaiblie ou même menacée de démantèlement.

Toutes les Unions Départementales, affiliées ou non à la Fédération nationale des DDEN, sont concernées par l’orientation des pouvoirs publics d’aller vers «  l’école territoriale  » qui, avec «  l’autonomie des établissements scolaires  » éclaterait l’École de la République en mille morceaux.

L’Union Départementale du Maine et Loire a lancé, dès le mois de février, un appel national à ce sujet pour le regroupement des associations et organisations laïques face à «  la territorialisation de l’Ecole publique  ». Quel écho avez-vous rencontré  ?

Au plan départemental, notre Union a rencontré presque toutes les organisations qui affirment leur attachement à l’École laïque. Ce n’était pas évident, car la plupart étaient très engagées dans la mobilisation pour le retrait de la réforme des retraites. Mais, les échanges ont été positifs. Les associations laïques et les syndicats ont très sérieusement échangés pour mesurer ensemble l’importance de l’entreprise de démantèlement de l’Éducation Nationale engagée à travers la dénationalisation de l’enseignement public pour l’aligner sur le modèle des établissements privés sous contrat. Il nous reste à rencontrer le «  Comité Vigilance Laïcité  » constitué dans le 49 depuis plusieurs décennies, et l’Association des Maires Ruraux. Nous essayons de réunir les conditions d’une assemblée commune sur cette question où se joue l’avenir de l’École publique.

Au plan national, notre Union participe aux échanges organisés (une fois par mois en visio conférence) par le CLRUA (Comité de Liaison….) comprenant des Unions et des DDEN affiliés ou non à la Fédération nationale.

La prochaine réunion, outre le point sur les conditions de la rentrée scolaire, aura à l’ordre du jour l’élargissement du CLRUA à d’autre Département, la création d’un site accessible à tous, qui pourra rendre compte des interventions des DDEN dans l’accomplissement de leurs missions officielles et aussi du caractère nécessairement national de la défense de l’Institution scolaire républicaine menacée.

Notre Union est évidemment affectée par l’exclusion de la Fédération prononcée contre elle et l’Union des Bouches-du-Rhône. Ce n’est certainement pas en bridant la libre discussion, voir en l’interdisant que la Fédération nationale regonflera les effectifs de DDEN qui baissent chaque année. Pour nous, l’essentiel est dans la souveraineté des Unions Départementales qui, toutes, seront sollicitées pour se mobiliser contre la territorialisation de l’École. Pour l’instant, Eddy Khaldi n’en parle pas. Il parle bien de remettre en cause les fonds publics aux écoles privées confessionnelles, mais pour le moment, il fait soigneusement silence sur le démantèlement de l’Éducation Nationale. N’est-il pas pourtant un inestimable cadeau à l’enseignement privé  ?

On verra s’il pourra maintenir encore longtemps ses orientations destructrices de la Fédération nationale.

En tout cas, les Unions départementales souveraines et les DDEN sauront trouver les voies et les moyens de participer à l’action publique et unitaire indispensable pour sauver l’École de la République. N’est-ce pas leur mission et aussi un devoir pour les DDEN  ?

Pour tout contact  et correspondance :

Dany Rosier, Président de l’Union des DDEN de Maine et Loire,

3 rue des bords de Loire, Chênehutte, 49350 Gennes Val de Loire – 06 83 34 00 87 – dany.rosier@worldonline.fr

Denise Bureau-Landron, Secrétaire  : 06 30 72 81 44 – deniselandron@orange.fr

Résolution laïque du Congrès national de la Libre Pensée

Des atteintes toujours nombreuses à la laïcité
Défendre et promouvoir la laïcité, sans hypocrisie !

Cette année encore les atteintes à la laïcité n’ont pas cessé. Partout en France des édiles oublient la loi de 1905, et tentent d’imposer des symboles religieux sur l’espace public en contrevenant à l’article 28 : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. » Les installations ou réinstallations de statues, crèches et autres se multiplient, le plus souvent avec l’appui de l’extrême-droite, de Marion Maréchal, Zemmour ou – pour un temps encore – De Villiers. À Béziers, l’apparenté Rassemblement National Ménard, a pris un arrêté pour entériner la présence annuelle d’une crèche dans la maison commune. Benoît Payan, Maire de Marseille, se fait coorganisateur avec le Cardinal Aveline des rencontres méditerranéennes entre des Évèques et des jeunes, et dans ce cadre se vante d’avoir invité le pape à venir. Ce qui mobilise des fonds publics. Toutes ces attaques contre la laïcité se font le plus souvent avec la complicité de l’État et de ses représentants.

Nous avons dénoncé l’hypocrisie de la loi « Séparatisme », présentée par Emmanuel Macron qui devait, selon lui, empêcher qu’« au nom d’une religion ou d’une appartenance, on [veuille] se séparer de la République, donc ne plus en respecter les lois et donc menacer la possibilité de vivre ensemble ». Jamais celle-ci n’est invoquée quand il s’agit du catholicisme, mais elle est systématiquement brandie contre le culte musulman. Au moment même où l’extrême-droite accentue ses références aux racines chrétiennes de la France, la Fédération nationale de la Libre Pensée rappelle que la loi de 1905 appelle l’État à ne reconnaître aucun culte.

Tout au contraire, le Président de la République et son gouvernement multiplient les signes d’un appel au sacré, jusqu’à sa récente visite au Mont-Saint-Michel, ou encore lorsque le prétendu Sacré-Cœur de Montmartre a été classé monument historique. La FNLP se prononce pour l’abrogation de la loi « séparatismes » et des concordats.

La mère de la bataille reste la défense de l’École publique. En 2023, au nom de la Loi Debré de 1959, 13 à 15 milliards d’euros sont versés à l’enseignement privé, à 97 % catholique. Avec Jean-Michel Blanquer les offensives se sont multipliées à tous les niveaux. À l’école la scolarisation et instruction obligatoires dès trois ans est un cadeau au privé à la charge des communes. Le tapis rouge est déroulé à l’enseignement supérieur catholique. Cette année, les attaques contre l’enseignement professionnel continuent à affaiblir l’école publique. Récemment, l’Accord entre l’État et l’Enseignement catholique du 17 mai 2023 renforce la présence de l’enseignement privé, en en faisant un élément de l’offre publique d’éducation, voire un modèle que le gouvernement veut imposer aux enseignants du public. Nous en appelons au respect des principes laïques et républicains : la seule école libre ouverte à , c’est l’École publique, et en conséquence fonds publics pour la seule École publique.

La Libre Pensée est attaquée

Face aux atteintes à la loi de 1905, la Libre Pensée a exercé tous les moyens du Droit pour faire reculer les tentatives de re-sacralisation de pans entiers de l’espace public. Force est de constater que notre action dérange, car nous ne comptons plus les articles, billets, tribunes qui mettent en cause directement la Fédération nationale de la Libre Pensée et ses militants et militantes. Nous sommes qualifiés de tous les noms : bouffeurs de curés, Francs-Maçons, islamo-gauchistes, la palme revient à Valeurs actuelles qui en un seul article réussit à nous qualifier d’« Extrémistes », « radicaux », «laïcards forcenés », « intégristes de la laïcité », « anti-catholiques », «laïcistes acharnés », « militants antichrétiens ». On pourrait en rire, mais chacun sait que les insultes ne sont jamais anodines. Alfred de Musset disait déjà dans Lorenzaccio : « Ceux qui mettent les mots sur leur enclume, et qui les tordent avec un marteau et une lime, ne réfléchissent pas toujours que ces mots représentent des pensées, et ces pensées, des actions. »

Déjà vandalisée dans le passé, notre librairie a récemment fait l’objet d’un rassemblement haineux, de la part d’un groupuscule d’extrême-droite qui n’a pas besoin de trouver ici de publicité. À cette occasion nous avons lancé un appel à la solidarité qui a remporté un large succès auprès des associations, personnalités, élus, syndicats, partis et Obédiences maçonniques. Nous savons cependant que certains désormais ne se solidarisent plus, lorsqu’il s’agit de la Libre Pensée ou de la Ligue de Droits de l’Homme, quand elles sont attaquées au plus haut sommet de l’État.

La confusion entre laïcité et sécularisation perdure

Lors du précédent congrès à Voiron, nous écrivions : « Prétendre à la «laïcité de la société » est ambigu : si l’on désigne le fait de la « sécularisation des institutions », alors toute la société est concernée ; si l’on voulait que la société civile soit soumise à une interdiction des croyances, alors la laïcité serait bafouée. L’article Premier de la loi de 1905 le proclame bien haut : la laïcité commence par la liberté de conscience et le libre exercice des cultes.»

Or loin de reculer, la confusion entre laïcité et sécularisation s’accroît. Là encore, nous ne sommes pas dupes ! Quand un Élu propose de substituer aux jours de congés liés traditionnellement à la religion chrétienne des jours de congés laïques, des voix hypocrites s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles appellent « wokisme », mais demandent avec instance aux Musulmans de pratiquer leur culte avec discrétion. Sur le fond, s’agissant des jours fériés d’origine religieuse, la loi de 1905 ne reconnaissant aucun culte, les a laïcisés de fait, quel que soit leur statut antérieur. C’est aussi le cas des noms des jours de la semaine ou des mois remontant à de vagues divinités antiques. En revanche, la Libre Pensée peut accueillir favorablement des jours fériés en plus commémorant des événements historiques ou pour des visées progressistes. Pas étonnant a contrario que le sénateur LR Stéphane Le Rudelier ait quant à lui déposé une proposition de loi pour inscrire dans la constitution que la France est « de tradition judéo-chrétienne ». Où s’arrêteront-ils ? Le philosophe Pierre-Henri Tavoillot qui dirige à la Sorbonne le Diplôme Universitaire « référent laïcité : gestion du fait religieux » se répand sur les plateaux pour affirmer que la laïcité suppose un devoir de discrétion, contrairement à l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme qui stipule que nul ne peut être inquiété pour ses opinions même en matière religieuse. Là encore nous devons, avec d’autres, comme la Vigie de la Laïcité en rappeler sans cesse les principes de la loi de 1905.

Une action résolue pour la liberté de penser

Ce tableau n’est cependant pas si noir. Nous l’avons signalé et nos ennemis s’en offusquent, la Libre Pensée continue de mener son action résolue pour la défense de la loi de 1905 et remporte d’importantes victoires aux tribunaux. De manière moins médiatique, notre refus des dispositions de la loi « Séparatisme » permet le plus souvent de faire reculer des maires prompts à exiger la signature des « contrats d’engagements républicains » (CER), mais ici le combat est rude.

En ce qui concerne l’école, la conception réactionnaire impulsée par J.M . Blanquer n’a pas été totalement abandonnée. Il ne faut pas relâcher la pression, et voir, là où cela est possible, comment la Libre Pensée peut partager avec les personnels d’éducation son analyse des questions laïques, notamment dans la lecture de la loi de 1905 et le refus de la confusion entre laïcité et sécularisation.

Marche unitaire le 23 septembre 2023

Pour la fin du racisme systémique,
des violences policières
pour la justice sociale
et les libertés publiques

Le meurtre de Nahel, tué par un policier à bout portant le 27 juin 2023 à Nanterre, a mis de nouveau la lumière sur ce qui doit cesser : le racisme systémique, les violences policières, et les inégalités sociales que creuse la politique de Macron. Une politique néolibérale imposée par des méthodes autoritaires, des lois sécuritaires et une doctrine du maintien de l’ordre décriée jusque dans les plus grandes instances internationales. Une politique régressive qui fait le lit de l’extrême-droite et piétine toujours plus nos libertés publiques, notre modèle social, notre avenir face à l’effondrement écologique.

En première ligne des victimes de ces choix politiques, les habitant·es, et notamment les jeunes des quartiers populaires et des territoires ultramarins, qui subissent de plein fouet l’aggravation de toutes les inégalités sociales dans un contexte économique d’inflation, de hausse des loyers, des prix de l’énergie et de politiques d’urbanisme brutales. Les réformes de la Macronie accentuent la pauvreté en durcissant notamment l’accès aux prestations sociales. La scandaleuse réforme de l’assurance chômage en est un exemple significatif alors que la précarité au travail augmente.

Les révoltes dans les quartiers populaires ne peuvent s’analyser que dans ce contexte global. Les habitant·es de ces quartiers, et notamment les mères isolées, pallient bien souvent seul·es les carences de services publics dont la destruction s’accélère de jour en jour.

A côté de cela, de nombreuses violences sont perpétrées contre les populations : délocalisation et destruction de l’emploi, évasion et fraude fiscale, mode de vie des ultras riches écocidaire, supers profits
des multinationales, modes de production hypers polluants responsables de la crise climatique. Et pour cela, l’Etat laisse faire ! De plus, les populations racisées et/ ou issues des classes sociales défavorisées, des quartiers populaires, des zones rurales et périurbaines appauvries, des territoires
ultramarins sont victimes de violences institutionnelles et systémiques, notamment policières.

La politique répressive de l’Etat est encore renforcée par le dernier remaniement ministériel, qui a élargi les compétences du ministère de l’Intérieur à la ville, l’Outre-mer et la citoyenneté. La répression s’étend
avec toujours plus d’intensité et de violences policières, d’interdictions de manifester, contre le mouvement social et écologiste, comme lors de la lutte contre la réforme des retraites rejetée par l’immense majorité des travailleur-ses et leurs syndicats et à Sainte-Soline. La liberté associative, directement et indirectement, est de plus en plus mise en cause. Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’institution policière paraît hors de contrôle du pouvoir politique. Des déclarations factieuses de certains syndicats de policiers suite au meurtre de Nahel aux déclarations du Directeur général de la police nationale et à celle du Préfet de police de Paris ainsi que le ministre de l’intérieur, c’est l’institution policière qui aujourd’hui remet en cause l’État de droit, plutôt que de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences policières.

Nos organisations syndicales, associations, collectifs, comités de quartiers populaires, de victimes de violences policières et partis politiques se mobilisent ensemble dans la durée pour la convergence des justices antiraciste, sociale et écologique, féministes et pour que cessent les politiques sécuritaires et anti sociales.

La crise démocratique, sociale, politique que nous traversons est très grave. Nous ne pouvons accepter qu’il y ait encore d’autres morts comme Nahel, ou d’autres blessé.es, victimes des violences policières.

Nous appelons à reprendre la rue samedi 23 septembre, à organiser des manifestations ou d’autres initiatives sur tout le territoire, pour faire front ensemble contre la répression des contestations sociales démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale climatique, féministe et les libertés publiques.

Nous exigeons des réponses immédiates et dans l’urgence :
– abrogation de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre ;
– une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement
– le remplacement de l’IGPN par un organisme indépendant de la hiérarchie policière et du pouvoir politique ;
– la création d’un service dédié aux discriminations touchant la jeunesse au sein de l’autorité administrative présidée par le Défenseur des droits et le renforcement des moyens de lutte contre le racisme, y compris dans la police ;
– Un plan d’investissement public ambitieux dans les quartiers populaires et sur l’ensemble du territoire pour rétablir les services publics, le financement des associations et des centres sociaux

Marchons toutes et tous ensemble le 23 septembre !

Premières organisations signataires :

Collectifs/comités de quartiers populaires, de victimes de violences policières : Coordination pour la Défense des habitants des Quartiers Populaires, Coordination nationale contre les violences policières, Coordination nationale “Marche 40 ans”, Collectif Justice pour Claude Jean-Pierre, Comité Justice pour Othmane, Collectif Justice et Vérité pour Yanis, Comité Justice pour Alassane, Collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis, Comité vérité et justice pour Safyatou, Salif et Ilan, Mémoire en marche Marseille.

Organisations syndicales : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Fédération Syndicale Étudiante (FSE), Mouvement national lycéen ( MNL ), L’Union étudiante.

Associations et autres collectifs : Alternatiba, ANV-COP21, Attac France, Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF), Coudes à Coudes, Dernière Rénovation, Droit Au Logement (DAL), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), Fédération nationale de la LIbre Pensée, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), Les Amis de la Terre France, La Révolution est en marche, Marche des Solidarités,
Memorial 98, Planning familial, Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR), Association Stop Aux Violences d’État, Alternatiba Paris, Association Intergénérationelle de la Rabière
(AIR-37), Association Naya (37), Association Nouveaux Souffle pour l’Insertion Sociale et Professionnelle (ANSIP-37)

Organisations politiques : EELV Europe Ecologie Les Verts, ENSEMBLE Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire, LFI – La France insoumise, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires ( FUIQP), Gauche démocratique et sociale (GDS), La Gauche Ecosocialiste, Génération.s, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Ouvrier Indépendant (POI), Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Vivre Ensemble Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT-37)

La chasse aux musulmans….

« Musulman par mon Père
Catholique par ma mère
Communiste par Grand-père
Anarchiste par mon fils…
Athée ô grâce à Dieu (bis) »
de Mouloudji, dans « autoportrait »

Quelques nuages dans le ciel bleu, sur la Loire…
Des milliers de pâquerettes se fermant, le soir…
Près du Moulin, le merle et sa nana sautillent
Dans l’herbe, infatigablement…point ne roupillent !
Des coquelicots jettent une tâche de rouge
Près du vieux puits, mais…rien ne frémit, rien ne bouge…
« Calme et volupté » comme aurait dit Baudelaire.
Et pourtant, mon esprit gronde et ne veut se taire.
Impossible de le raisonner, il rumine
Il tonitrue ! éructe ! pleure ! il fulmine !
Tout mon glorieux passé de professeur d’histoire
Me saute à la gorge et me revient en mémoire.
Dans les manuels il y a toujours tant d’oublis
Tant de non-dit, tant de mal-dit, de partis-pris
Tant de vilénies…on ne peut dire aux enfants
Tout ce dont sont coupables les gouvernements !
Au nom de Dieu, ou de Vichnou ou bien d’Allah !
Le plus souvent au nom de leurs coffres-forts ! Là
Où se cachent des dollars, l’or, l’argent, les yens
Ou je ne sais, quelques vieux bas de laine.
Tout me revient, déferle en folles cavalcades…
ça tombe de haut comme de froides cascades !

« Le massacres des premiers chrétiens
L’Extermination des Indiens
Celui des protestants de la saint Barthélémy.
Celui des fusillés de la commune de Paris
Celui des sud-africains
Exterminés par des protestants blancs et pensant-bien
L’horreur des camps nazis, et tous les juifs exterminés
L’horreur des Palestiniens, chassés de leur maison, tués,
Par des chefs d’État juifs qui font, à leur tour, la guerre !
Et tous ces enfants qui errent !
Et les bonnes bonnes-sœurs irlandaises
Assassinant les bébés sans père, à leur aise ; 
Les enterrant… peut-être vivants
Sous les murs, dans les souterrains du couvent !
Et les abbés, évêques, curés, sous leur soutane
Bien perturbés, agitant leur stérile membre d’âne
Devant les enfants terrorisés
A jamais perturbés !
Et tous ces Algériens torturés, tués par les soldats
Français qui auraient bien aimé ne pas avoir été enrôlés pour cela !
ET, toutes les jeunes femmes en Iran, si belles et si rebelles
Qui finissent au bout d’une ficelle !
Leurs frères, leurs amis qui les aiment
Continuent le combat ; la révolte, ils sèment !
Et nos amis, Jacques et Cécile
Depuis plus d’un an, enfermés, en péril !
Samuel Paty fut décapité.
Personne, de mourir ainsi, n’a mérité !
Barbarie infâme !
Insupportable !
Intolérable !

Professeur, c’est passionnant,
Mais, si la parole est aisée, il est difficile d’être enseignant !
Peut-on dire à ses élèves
En cours, de fermer les yeux et les lèvres
De se boucher les tympans
S’ils ne veulent pas voir, ou entendre, quelque chose de choquant ?
Les images parues dans « Charly Hebdo », le journal
Se moquant de Mahomet ? Qui peut trouver cela normal ? »

Peut-on dire cela à des adolescents ?
Eux qui ont, c’est l’âge, la haine à fleur de sang ?
L’Ecole de la République c’est le seul lieu
D’apprentissage des connaissances, et au mieux
Celui de la réflexion ? Elle permettra
A chacun de penser, pour dire, s’il croira 2
Ou pas, un jour, en un quelconque Être suprême. 3
De dire, s’il le veut, ce qu’il pense … lui-même !
Il a bien le temps de comprendre le fouillis
Le désordre fou et les embrouillaminis
Du monde des grands  si plein de contradictions !
Comment pourrait-il s’y retrouver ? oh ! non ! non !
L’Etat veut lui apprendre la « laïcité » ?
Lui qui vole des milliards, toutes les années
Pour les distribuer aux écoles catholiques ?
Est-ce cela « les valeurs de la République » ?

C’est à y perdre son latin !

Des pages et des pages pourraient être écrites.
D’ailleurs, ne le sont-elles pas déjà, écrites ?
Elles sont riches et de récits regorgent :
Des écrivains, politiques de toutes sortes,
Journalistes, reporters, parlent ! Ils se piquent
D’être des spécialistes de la République !
Et les « si » admirables valeurs qu’ils défendent
Tous les matins, au déjeuner, ils les pourfendent
Des heures plus tard, avec leurs amis, parlant.
Tiens ! Une dame passe avec un musulman
Et très élégant foulard discret, sur la tête.
Ils ne supportent pas, ils braillent et tempêtent.
« je te le dis : de la graine de djihadistes !
Pardi ! ce sont tous des graines de terroristes ! »
Mais…l’or des Princes-arabes, rois du pétrole ?
Mais… les clubs de foot bien payés par ces guignols ?
Ces musulmans -là, tout enrubannés d’or noir
Sont bel et bien reçus, flattés par le Pouvoir !
L’air est délétère et des odeurs trop malsaines
Polluent notre atmosphère, distillent la haine.
La chasse aux musulmans est un « jeu » à la mode
Comme il y a peu, celle contre les juifs. L’exode…
La mort, l’horreur des camps, les bateaux qui chavirent
Sont-ce des jeux pour les enfants qui aiment rire ?

Je divague ! Ma tête fourmille :
Des noms, des prénoms, des visages, des émotions me titillent …
Tant et tant !
II y en eut tant, dans le 93, à Sevran ! 4
J’en ai, dans ma tête, dans ma mémoire usée,
Une kyrielle que j’aime et que j’ai appréciée.

« Fatima, ma 1ère en dictée, morte heurtée, un soir, par un RER !
Rachid qui, chez moi, mangeait du porc en me disant : « hum ! il est bon ton poulet ! »
Zuina, maman fidèle du comité de suivi des 28 écoles publiques de Sevran
Houria depuis tant d’années AESH appréciée de tous…
Tous d’anciens élèves du collège Galois, si tant aimés !
Ahmed et Moucine, directeurs défendant avec ardeur, dans les cités ouvrières, l’Ecole Publique !
Saliha, la cuisinière d’une de ces écoles, qui m’attendait avec une tasse de café.
Ils défendirent Louisa, notre camarade députée algérienne, emprisonnée !
Amer, mon pote Amer, journaliste et poète qui dût choisir l’exil, pour rester en vie !
Et la douce, tendre et belle Farida, sa compagne, agent d’accueil de la ville de Sevran.
Lila, mon amie, agent d’accueil en collège et responsable syndicale-93 de talent !
Saïd, vaillant parent élu d’une école qui, en délégation chez le Préfet,
Avec le comité de suivi des écoles, défendit l’École publique, celle de tous les enfants.
Et Fatiha, maman d’un enfant handicapé. Elle le portait tous les jours sur son dos pour qu’il aille
A l’école. Son petit est mort. Jusqu’au bout elle s’est battue. Elle connaissait l’issue fatale. Aimante.
Et nos charmants voisins, et leurs enfants, les bras chargés de couscous, au moment du ramadan.
Et tant d’autres ! Qu’ils me pardonnent si je n’ai pu, tous, les nommer »

Où trouverais-je, ailleurs que dans ces populaires
Cités, les « valeurs de la République » ? Amère !
Je suis amère ! et je redoute, chaque jour
Les horreurs qui couvent et annoncent pour
Demain, et après-demain, des horreurs sans fin.
Et pourtant, même dans la pauvreté et la misère, dans le parfum
De ces plus de 100 populations d’origines diverses qui vivent dans les cités,
Il est là, et nulle part ailleurs, l’avenir de l’«Humanité » !
Il n’est pas dans la chasse aux musulmans
Ni dans la critique de leurs vêtements !
Il n’est pas dans la chasse à leurs Nanas
Vêtues ou non de l’abaya !
Pas non plus, dans la chasse aux enfants « jouant » dans une cour de récréation,
A Nice ou ailleurs et utilisant toutes les histoires qu’ils connaissent : La création
Du Monde, le Père Noël, Marie, Allah, Boudha, Jupiter
Et les flammes de l’enfer !
Ce ne sont que des enfants !

Zizou Landron, le Moulin Neuf, le 20 Juin 2023

Une déclaration de Martin Luther King

Martin Luther King à propos des émeutes de 1967 à Détroit, USA.

« Permettez-moi de dire, comme je l’ai toujours dit, et comme je continuerai à le dire, que les émeutes sont socialement destructrices et qu’elles vont à l’encontre du but recherché. Mais en dernière analyse, une émeute est le langage de ceux qui ne sont pas entendus.

Et qu’est-ce que l’Amérique n’a pas entendu ? Elle n’a pas entendu que le sort des noirs pauvres s’est aggravé au cours des dernières années. Elle n’a pas entendu que les promesses de liberté n’ont pas été tenues. Et elle n’a pas entendu que de larges pans de la société blanche sont plus préoccupés par la tranquillité et le statu quo que par la justice, l’égalité et l’humanité.

Ainsi, dans un sens réel, les étés d’émeutes de notre pays sont causés par les hivers d’atermoiements de notre pays. Et tant que l’Amérique repoussera à plus tard la justice, nous nous retrouverons dans une situation où ces violences et ces émeutes se reproduiront encore et encore. »

Éditorial du n°13 du Délégué Laïque :

L’Homme est ce qu’il cache
André Malraux –

Hommage à Jean Moreau

Tout d’abord, nous voudrions rendre hommage à Jean Moreau, un ami, un Frère, un camarade pour beaucoup de militants laïques qui ont combattu à ses coté. Il a été rappelé à l’Orient Éternel le 7 avril 2023. Sa disparition nous peine et nous attriste. C’était un homme attachant.

Il était investi pleinement dans sa tâche de responsable de la FNDDEN, il a animé aussi très longtemps la revue La Révolution prolétarienne et était un grand ami de l’Afrique. A sa famille, ses proches, ses amis, ses camarades, ses Frères et Sœurs, nous apportons notre salut fraternel et respectueux.


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Nous avons mis en exergue cette phrase d’André Malraux pour inciter à la réflexion. Tout gouvernement dit toujours une chose et en fait très souvent une autre une autre. Ainsi Emmanuel Macron parle de redonner sa place à l’École en parlant d‘emploi, de mixité sociale, de rapprochement avec les territoires. En fait, toute son orientation et ses actes visent à la démanteler et à la livrer aux appétits d’Élus locaux, du Patronat et de l’Église.

Comme l’analyse très bien le communiqué de la Libre Pensée, publiée dans ce numéro du Délégué laïque, c’est l’Institution scolaire qui est menacée au cœur et c’est sa propre existence qui est aujourd’hui menacée. C’est donc l’Institution scolaire elle-même qu’il nous faut défendre aujourd’hui.

Il nous faut revenir sur la place qu’occupe l’École laïque dans la République exprimée dans la Constitution faisant de « l’Enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés, un devoir de l’État ». Si le principe n’a pas été abrogé, par contre plusieurs mesures ces dernières années ont engagé un processus de désengagement de l’État notamment avec les lois de décentralisation (loi Nôtre) ayant ouvert la voie pour aller vers « l‘autonomie des Établissements scolaires ».

Il cite une dizaine de documents officiels (Rapport sur l’autonomie des collèges, Cour des Comptes, IGEN, IGAENR, IGESR, Ouvrage de Monique Canto-Sperber, Forum de l’AMR, Projets « École du futur », CNR dédiés à l’éducation, Loi Rilhac, Évaluations des Écoles…). Tous préconisent une «école territoriale » pilotée par les Élus politiques territoriaux, des associations de droit privé, des « partenaires de l’école »… sur la base « d’un projet éducatif d’établissement ou de territoire ».

La loi Brisson, adoptée au Sénat le 11 février, entend imposer une loi dans ce sens à l’Assemblée Nationale dans de brefs délais.

Les DDEN ont des droits en défense de l’École laïque. N’ont-ils pas le devoir d’aider au rassemblement de tous en défense de l’Éducation Nationale menacée de démantèlement, voire de privatisation ?

L’égalité des droits des élèves est en cause mais aussi, avec des recrutements locaux, le statut des personnels enseignants.

La mise en place des conseils d’administration dans les collèges et les lycées posaient déjà ces questions. Mais la résistance a été forte, le Chef d’établissement comme le Directeur d’école sont toujours nommés par l’Éducation Nationale, les programmes scolaires restent encore nationaux, ainsi que les examens et diplômes délivrés par l’Éducation Nationale.

L’autonomie des établissements ouvriraient la possibilité que des Élus politiques, des associations de droit privé, des parents montent au créneau pour diriger l’École selon leurs options privées. On serait face à des tentatives d’entrisme de toute sorte dans les écoles publiques.

Si on permettait aux écoles de faire ce qu’elles veulent en toute autonomie, ce serait un grave danger  car il faudrait laisser les parents choisir l’école de leurs enfants en fonction de son projet. C’est le modèle de concurrence du privé. La carte scolaire sauterait et la logique serait la nomination des enseignants par le Conseil autonome.

La loi Rilhac ne va-telle pas dans cette direction ? Les syndicats et la FCPE mesurent-ils les enjeux ?

Remarques identiques à propos des « évaluations d’écoles » et du regroupement sur le même plan de l’école maternelle dans « la petite enfance » comprenant des garderies de droit privé.

L’expérience de Marseille et ses 59 écoles expérimentales est à suivre. Actuellement des fonds publics ont été octroyés aux écoles pour leur rénovation mais, pour le moment, pas d’engagement des écoles dans la voie d’une complète autonomie. Il faudra suivre attentivement aussi ce que va faire le Ministère avec les évaluations d’écoles réalisées malgré l’opposition des syndicats.

L’éclatement de l’Éducation Nationale proposé exigera une loi et des décrets d’application. Nous serons vigilants et nous nous battrons pied à pied contre.

Nous publions aussi une note de lecture sur un ouvrage très intéressant qui paraîtra bientôt dans la Raison, mensuel de la Libre Pensée. Certains avancent que la « territorialisation de l’École » est nécessaire pour rapprocher l’Institution scolaire des  « territoires ». Cet ouvrage montre que cela avait été fait dès l’origine. Ce n’est donc qu’une prétexte mensonger de plus qui cache un autre projet bien réactionnaire.

Comme annoncé dans ce numéro, un prochain numéro du Délégué laïque sera bientôt publié pour approfondir la question de cette « territorialisation» de l’École.

Paul Feldmann

version en ligne : Le Délégué laïque n°13

version PDF : TELECHARGEZ LE PDF

Questions à Denise et Michel Landron, respectivement Vice-Président et Secrétaire Général de l’Union des DDEN de Maine-et-Loire.

Le Délégué laïque : L’Union Départementale des DDEN de Maine-et-Loire a rendu public la résolution unanime de son Conseil d’Administration du 14 janvier 2023 alertant les DDEN et tous les ami(e)s de l’École laïque sur le projet de « territorialisation de l’École publique ». Depuis, plusieurs documents officiels ont été publiés allant dans ce sens. Que proposez-vous ?

D.M.Landron : Nous avons un Conseil d’Administration qui se réunit le 10 juin où un rapport sera présenté informant les collègues des différents rapports, contributions et déclarations publiques proposant cette « territorialisation » et ses conséquences. Elle suppose en effet la remise en cause de la législation actuelle (Constitution, lois, décrets et circulaires) qui confie encore à l’Éducation Nationale l’organisation de l’enseignement public dans notre pays.

Passer de l’Éducation Nationale à des « établissements autonomes » cogérés par des conseils publics-privés de territoire signerait l’abandon définitif des programmes scolaires nationaux par année et par discipline préparant à des examens et diplômes nationaux reconnus dans tout le pays. Ceux-ci deviendraient des chiffons de papier sans valeur autre que la réputation de l’établissement qui l’aura délivré. Ce serait l’inégalité des droits institutionnalisée ouvrant une concurrence entre les établissements rendant légitime le libre choix des parents pour l’école de leurs enfants, comme c’est déjà le cas avec l’école privée avec son caractère propre.

En collège, par exemple, les élèves suivent encore, des programmes par année et par discipline. Ex : en histoire, en 6ème : la préhistoire et l’Antiquité, en 5ème : le Moyen-Âge etc… Et ce, même en musique ou EPS. Si la formation des élèves passe entre les mains d’un « Conseil éducatif autonome » avec entreprises locales et Élus politiques territoriaux, quelle importance que des élèves destinés à une embauche précaire d’une industrie ou petite entreprise locale de savoir ce qu’est le « romantisme au XIX ème  siècle » ou « la Révolution française »  ou le « siècle de Louis XIV… » ? Ce serait l’appauvrissement généralisé de toute la population et l’asservissement au territoire… Nous ajouterons dans ce cadre le projet de démantèlement des lycées professionnels au profit de l’apprentissage sur le tas d’une main d’œuvre gratuite pour le patronat.

Nous ajouterons que les personnels de l’Éducation Nationale qui pourrait être recrutés localement par « l’établissement autonome » perdraient rapidement leur statut de fonctionnaires d’État. N’a-t-on pas vu déjà des enseignants recrutés comme contractuels… par Pôle Emploi ?

Les DDEN ne peuvent que s’inquiéter de cette orientation, eux qui sont en quelque sorte des gardiens de l’égalité des droits et du respect des normes de l’Éducation Nationale dans chaque et tous les établissements scolaires. L’Union Départementale de Maine-et-Loire n’écarte pas l’idée d’en appeler à toutes les associations et organisations laïques en faveur d’une union nécessaire si le projet de loi Brisson, adopté par le Sénat le 11 avril, était présenté à l’Assemblée nationale.

Le Délégué laïque : Votre Union, comme celle des Bouches-du-Rhône, a été exclue de la Fédération Nationale présidée par Eddy Khaldi. Cela a-t-il un rapport avec les enjeux que vous venez d’exposer ?

D.M.Landron :Nous rappellerons que la Fédération Nationale a exclu notre Union avec un seul et unique chef d’accusation formulé par écrit par le Président Eddy Khaldi : avoir accepté dans ses rangs Denise et Michel Landron après leur nomination en Maine-et-Loire par le DASEN à qui il avait demandé par courrier (juin 2021) de ne pas nous présenter dans la liste soumise au vote du CDEN . Nous disposons de tous les documents qui attestent de cet arbitraire inégalé dans l’histoire de la Fédération. La liberté de conscience, de pensée et d’expression n’existe plus dans la Fédération devenue nationale au dernier Congrès avec des nouveaux statuts assurant la toute-puissance du Président et de son équipe.

Ce n’est sans doute pas un hasard si le Président Khaldi signe des éditoriaux dans sa publication « La Lettre du DDEN » dans lesquels il n’aborde jamais la question du démantèlement programmé de l’Éducation Nationale. Il ne voit que la concurrence publique-privée. Les DDEN quant à eux sont logiques avec leur propre histoire : si le principe « à École publique fonds publics » reste le leur, ils ne sauraient oublier la défense de l’École publique, laïque, gratuite, obligatoire, la même pour tous les enfants du pays, mise en péril par le projet d’École territoriale.

L’avenir proche dira si la Fédération nationale relaiera ou non les Unions et les DDEN qui souhaitent un large rassemblement unitaire pour mettre en échec ce projet de démantèlement.

Le Délégué laïque : Que proposez-vous pour que les échanges et la libre discussion se développe entre DDEN et avec les diverses composantes du mouvement laïque qui, en certaines circonstances, avaient su se rassembler en défense de l’École laïque, la seule École de la République ?

D.M.Landron : Des DDEN de différents départements qui se connaissaient depuis plusieurs années, inquiets par le cours suivi par la Fédération sous le règne d’Eddy Khaldi, attachés à la souveraineté des Unions Départementales et à la libre discussion fraternelle, ont constitué le CLRUA, Comité de Liaison pour le Rassemblement des Unions, des Associations de DDEN et des DDEN.

Qu’ils soient membres ou non de la Fédération, ces DDEN nommés par le DASEN de leur Département et officiant dans une école publique (ou plusieurs), échangent sur les questions qui intéressent les DDEN dans l’exercice de leurs fonctions officielles (définies par des articles du Code de l’Éducation) ou Associatives (relevant de la loi de 1901 comme toutes les Unions de DDEN). Le CLRUA s’est donné une Charte précisant ses objectifs et fonctionnement.

Ils ouvrent un Site et un blog pour informer et faciliter les échanges et se réunissent une fois par mois en visio-conférence. Cette année 2023, l’Union du Maine-et-Loire en assure l’organisation et la Présidence.

La prochaine réunion du 21 juin du CLRUA fera le point de la situation et des contacts pris afin d’aller vers la plus large union possible d’Unions de DDEN, d’Associations et organisations laïques en défense de l’École de la République désormais à la croisée des chemins.

Pour tout contact : ddenunion49@gmail.com

L’École de la République a la croisée des chemins.

Le Délégué Laïque, tribune libre de discussion entre et avec les DDEN, édité et diffusé avec le soutien de la Libre Pensée, a pris connaissance et participé à la diffusion de la résolution unanime du Conseil d’Administration de l’Union Départementale des DDEN du Maine-et-Loire sur le projet de « territorialisation de l’École publique ». [Ci-jointe]

Nommés par le DASEN pour exercer en toute indépendance, leurs fonctions en faveur de l’École laïque, les DDEN ont toujours été une composante importante du mouvement laïque.

A ce titre, comme tous les laïques et leurs organisations, ils ont leur mot à dire sur le projet de « territorialisation de l’école » présenté officiellement pour tracer « un nouvel avenir pour l’école ».

Quel avenir ? Les Inspections Générales, la Cour des comptes, le Sénat, plusieurs rapports officiels, le gouvernement et le nouveau Ministre… l’ont publiquement défini : « confier aux instances territoriales une fonction de co-construction de projets éducatifs locaux » comme la nouvelle base d’une éducation qui ne serait plus « nationale » mais « territoriale ».

Une loi, la loi Brisson, vient déjà d’être adoptée au Sénat pour être soumise à l’Assemblée nationale.

« Des écoles territoriales » avec chacune leur « caractère propre » baptisé « projet éducatif territorial », copiloté par des Élus politiques du « territoire », « des usagers », « des Associations de droit privé », « des entreprises »… n’est-ce pas programmer le démantèlement de l’Éducation Nationale ?

L’École publique ne serait plus un service public de l’État basé sur des programmes scolaires nationaux préparant des examens et des diplômes nationaux reconnus dans tout le pays, mais une mosaïque d’établissements ayant chacun leur caractère propre, recrutant eux-mêmes leurs personnels à l’image des établissements privés sous contrat. L’Ecole publique est une nouvelle fois « à la croisée des chemins ».

Les DDEN existent depuis plus d’un siècle et ont été de toutes les initiatives pour que soit édifiée et préservée dans notre pays une École publique gratuite, laïque, obligatoire, la même pour tous les enfants quels que soient leur « territoire », leurs origines, les opinions et les revenus de leurs parents, les élus politiques locaux…

Le DELEGUE LAIQUE propose à tous d’en discuter librement entre DDEN mais aussi avec tous les amis de l’École laïque, la seule école de la République, pour réaliser ensemble les conditions d’un positionnement commun en défense de l’Éducation Nationale menacée de démantèlement.

LE PROCHAIN DELEGUE LAIQUE N°14 SERA UN NUMÉRO SPÉCIAL SUR «L’ECOLE TERRITORIALE CONTRE L’ÉDUCATION NATIONALE ». IL PARAÎTRA FIN JUIN.

N’hésitez pas à nous faire parvenir informations, réflexions et contribution.
DÉLÉGUÉ LAÏQUE : ledeleguelaique@gmail.com